L'école n'est pas finie (Premier Ministre François Legault, mai 2020)
Il faut passer en mode plein régime (Ministre de l'éducation Jean-François Roberge, 19 mai 2020)
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Au milieu du brouhaha, les parents, qui doivent souvent travailler de la
maison, ne savent plus où donner de la tête, alors que le ministre de
l’Éducation, Jean-François Roberge, impose de la pression pour que
l’apprentissage se poursuive comme si les parents étaient en mesure de
remplacer les professeurs et les cours à temps plein. Des directeurs
d’école jusqu’aux professeurs, en passant par le ministre, le réseau de
l’éducation manque cruellement d’empathie et de cohérence ces temps-ci.
- Alec Castonguay, L'Actualité, 21 mai 2020
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...je dois vous avouer que je suis en colère. La charge de travail que
nous demande dorénavant l’école pour clore l’année scolaire me met en
rogne.
Loin de moi l’idée de mettre le fardeau de la culpabilité sur les
enseignants. J’ai trois enfants au primaire, ils vont dans une petite
école publique que j’adore, et je vois la bonne volonté de leurs
enseignantes et de la direction pour suivre les directives de la santé
publique, respecter ce qu’exige le gouvernement, et pour soulager d’une
quelconque manière les parents. Mais voyez-vous, les parents ne sont pas
regroupés en syndicat. Nous sommes éparpillés, nous ne nous connaissons
pas et nous avons des couches à changer, des repas à préparer, des
petits à consoler, de la discipline à faire… Si vous voulez abuser de
nous, nous serons très mal organisés pour nous défendre.
Vous nous prenez, après deux mois et demi éreintants, dans
l’incertitude la plus totale, souvent vécue dans des espaces petits, en
bordel, bruyants et dans lesquels, comble du comble, nous devons
travailler (pour ceux qui n’auraient pas perdu leur emploi et ne
vivraient pas, en plus, le stress du chômage).
Demander aux parents, monsieur le ministre de l’Éducation, de « passer
en mode plein régime », selon vos mots, de redoubler d’efforts avant la
fin de l’année pour faire en sorte que nos petits continuent à apprendre
est au mieux irréaliste, au pire un ajout à la détresse ambiante.
Bien sûr, de mes communications avec les trois enseignantes de mes
enfants, j’ai déduit que, même si certains travaux seront obligatoires
(pour le plus grand), l’école s’attend à ce que les parents fassent ce
qu’ils peuvent. Mais mettez-vous à notre place : aucun parent ne
souhaite avoir l’impression qu’il sacrifie l’apprentissage de son
enfant ! Pourtant, c’est ce que nous sacrifions pour sauver nos jobs.
Nous ne sommes pas dupes et vous ne l’êtes pas non plus : les parents
qui travaillent ne peuvent pas risquer de perdre en plus leurs revenus,
c’est ce qui fait tenir le reste. Évidemment, nous devons donc souvent
privilégier le temps que nous passons à travailler.
Les parents doivent s’exprimer et raconter la colère qui gronde. Vous
avez changé la date de réouverture des écoles deux fois pour finalement
l’annuler, et ce, sans même nous annoncer une quelconque forme de
relève. Une suite. Une solution. Vous avez maintenant affaire à une
horde de parents zombies, souvent dépassés par la situation, crevés,
soumis à une pression rarement atteinte, et qui essaient tant bien que
mal de sauver leurs petits et leur santé mentale. Dans ce contexte, vous
comprendrez que le théorème de Pythagore et le plongeon du céleri dans
de l’eau colorée (pour démontrer que les plantes boivent)… ça passe sous
le radar.
Je comprends que l’école doive nous faire part du travail à faire. Je
comprends que le gouvernement veuille assurer ses arrières avec un
plan, montrer qu’il ne nous a pas abandonnés. Mais dans les faits, je
reçois un horaire de réunions Zoom pour la maternelle, pour la 3e et la 5e
année, les réunions tombent en même temps, j’ai trois matières par
enfant à superviser, des travaux à leur faire rendre… Qui, pensez-vous,
doit comprendre, organiser, imprimer et superviser tout ça ? Quand
monsieur le premier ministre répète en conférence de presse que
« l’école n’est pas finie », j’espère qu’il comprend ce qu’il fait
porter aux parents.
...
- Léa Stréliski, L'Actualité, 20 mai 2020
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...
Si on peut se permettre de redémarrer l’économie alors que les écoles et
les garderies fonctionnent au ralenti ou pas du tout, c’est parce qu’on
compte implicitement sur le travail invisible que les femmes sont les
premières à fournir, au détriment, souvent, de leur propre autonomie
financière. Sans la pleine participation des femmes à l’économie, il n’y
aura pas de reprise à toute vapeur. On ne peut pas se contenter
d’inciter les parents à garder leurs petits à la maison « s’ils le
peuvent » ou les gronder de ne pas avoir fait faire leurs devoirs aux
ados (comme l’ont exprimé le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, et celui de l’Éducation,
Jean-François Roberge) sans reconnaître à voix haute que ce sont les
femmes qui hériteront du gros de ce fardeau, sans en mesurer les
contrecoups sur leur participation au marché du travail, et sans en
considérer les effets sur le roulement de l’économie.
...
- Noémie Mercier, L'Actualité, 25 mai 2020
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En mes mots: je suis épuisée, j'arrive bien mal à faire mes journées de boulot, je prends congé plus souvent qu'autrement pour arriver à boucler la boucle des journées, à voire aux devoirs, aux repas, au ménage et encore plus important: au bien être mental des occupants de cette demeure, en particulier les moins de 18 ans... Faque le boulot mange une claque évidente et les congés s'imposent d'eux mêmes quand on est imputable aux 15 minutes. Mais "l'école n'est pas fini" et on doit "passer en mode plein régime" comme si ce n'était pas déjà comme ça depuis maintenant 10 semaines... Vive les politiciens qui ont la tête dans le sable ou qui ont les yeux tellement loin de la réalité du terrain qu'ils en sont décourageants.
25 mai 2020
8 mai 2020
vivre et revivre
Par ici, on joue à des jeux de société. On doit se considérer chanceux puisqu'on le peut: on est assez nombreux en la maisonnée pour le faire...faut voir le positif.
Donc on a joué à 7 Wonders de nombreuses fois puisque c'était un nouveau jeu dont celui qui à sa fête en janvier avait reçu en cadeau. On aime aussi beaucoup Jamaïca. Et Catan. Puis on a ressorti Blokus, puis Kingdomino. Et enfin Stratégo. On a rejoué à 7 Wonders. Les enfants ont rejoué à Catan.
On écoute aussi des films. On a visionné Hochi, Menteur, Merci pour tout... Puis on a revisionné 3 des 4 Indiana Jones et 4 des (j'sais plus combien, il y en a trop) Mission Impossible.
On prend des marches, on fait du vélo...et on retourne marcher et on retourne en vélo. Les enfants jouent au soccer, au frisebee, au spike-ball, au basket-ball... Puis ils rejouent au soccer, rejouent au frisebee, rejouent au spike-ball, au basket-ball....
On fait des devoirs. Ceux du primaire font des résolutions de problème une journée, puis ils les refont le lendemain parce que problème mal résolu. Maman ayant été occupée par son boulot elle n'avait pas elle-même fait le problème, donc elle ne connaissait pas la réponse...qui n'était pas la bonne et qu'ils avaient chacun la leur qui différait l'une de l'autre aussi....
Le confinement c'est ça: on fait puis on refait. On vit et on revit des choses.
On a peint des toiles déjà... Demain on redessine des toiles.
Des autoportraits.
A suivre...ici!
Et ici, en vidéo.
Donc on a joué à 7 Wonders de nombreuses fois puisque c'était un nouveau jeu dont celui qui à sa fête en janvier avait reçu en cadeau. On aime aussi beaucoup Jamaïca. Et Catan. Puis on a ressorti Blokus, puis Kingdomino. Et enfin Stratégo. On a rejoué à 7 Wonders. Les enfants ont rejoué à Catan.
On écoute aussi des films. On a visionné Hochi, Menteur, Merci pour tout... Puis on a revisionné 3 des 4 Indiana Jones et 4 des (j'sais plus combien, il y en a trop) Mission Impossible.
On prend des marches, on fait du vélo...et on retourne marcher et on retourne en vélo. Les enfants jouent au soccer, au frisebee, au spike-ball, au basket-ball... Puis ils rejouent au soccer, rejouent au frisebee, rejouent au spike-ball, au basket-ball....
On fait des devoirs. Ceux du primaire font des résolutions de problème une journée, puis ils les refont le lendemain parce que problème mal résolu. Maman ayant été occupée par son boulot elle n'avait pas elle-même fait le problème, donc elle ne connaissait pas la réponse...qui n'était pas la bonne et qu'ils avaient chacun la leur qui différait l'une de l'autre aussi....
Le confinement c'est ça: on fait puis on refait. On vit et on revit des choses.
On a peint des toiles déjà... Demain on redessine des toiles.
Des autoportraits.
A suivre...ici!
Et ici, en vidéo.
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