C'est quand on perd quelque chose que l'on peut réellement en reconnaître la valeur. On le sait tous, mais on l'apprend toujours à nouveau au fil des événements.
Quand tu pars en expédition de ski au pays de l'épinette noire en toute connaissance de cause, mais que tu ne te souviens plus vraiment de ce coin de pays, nombre de souvenir reviennent en tête comme si c'était hier que tu y avais été. Des mots tels que Kinojevis ou Abijevis refont surface et sonnent une cloche qui résonne en soi. Cléricy, Dalembert. Dixit Colombière qui a été annnexé à Val d'Or semble-t-il. Elle ne comporte toujours que ces 11 maisons dont une seule est maintenant sans balcon par contre (au lieu de 10 sans balcon comme il y a 30 ans)!
La majestuosité des épinettes garnies de neige sont magiques. Le nombre de bouleaux gris parmis ces épinettes sonnent aussi une cloche. L'Abitibi me manquait plus que je ne le pensais et je la redécouvre avec grand intérêt.
Au départ de ce périple, on avait 6h de route à faire mais elles ont passées si vite que nous n'avons pas vu le temnps passé. Comme quoi l'aventure en pays nordique attendue peut être inattendue bien qu'espérée. Une journée grise et maussade au départ a fait place au soleil le lendemain (soleil qui en hiver dit aussi grand froid évidemment).
On chauffe le refuge en grand coup de bûches et on soupe à la fondue. Rien de mieux en plein air qu'un bon souper, n'est-il pas! A la noirceur venue, on se couche sans trop étirer la soirée, donc plus tôt qu'à la maison. A la mi-nuit, un coup de bûche s'impose dans le poêle à bois. Tâche plus ardue qu'il n'y parait au départ avec un poêle trop gros pour la dimension du refuge et peu d'objet fonctionnel pour alimenter les grosses bûches fournies quand la trappe d'aération dudit poêle est incompréhensible elle-même. Il en résulte une nuit tout en sueur où peu d'heure sommeil ont prévalues. On se promet qu'à la nuit suivante, on ne refera pas la même erreur.
Chose dite chose faite....sauf pour la concertation avec Dame Nature. Cette denière ayant promis un -27 bien sonné pour la nuit (vive les ondes cellulaires quand elles se rendent pour vérifier la météo au programme). Quand le poêle fut eteind et qu'on ne l'a pas reparti, on en a donc été quitte pour une nuit froide à se remonter le zip du sleeping sur le nez ...et avec peu d'heure de sommeil encore une fois! Quand ce n'est pas la pré-ménopause, c'est Dame Nature qui s'en charge, yé.
Et c'est quand tu es de retour chez toi que tu valorises avec suprise les points suivants: se lever au petit matin et aller faire ses besoins matinaux nu pied, sur un plancher plus chaud que froid, en pyjamas, sans avoir à se vêtir et encore moins à sortir dehors pour aller rejoindre la facilité nécessaire audit besoin: une bécosse 50 mètres plus loin dans le frette matinal! Ne plait-il pas à ce moment précis de se rappeler combien le confort de nos maisons chauffées peut procurer? C'est en de telles circonstances que l'on apprécit un tel confort, soit quand on ne l'a plus. Mais il faut ajouter que sans cette privation de confort, on ne serait pas témoin de toutes ces beautés naturelles... si Abitibiennes soient-elles!
Par ici les photos de ce périple de 3 jours!