23 octobre 2019

Longue vie aux refuges!

La vie en refuge ça n'a pas de prix. Le temps d’une nuit au fil des bûches qui brûlent il s'en passe des choses. Il se joue des parties de poker où les amandes et canneberges séchées sont le butin, il se boit du porto précieusement transporté sur des kilomètres. Il se consomme aussi de la fondue et des rires en masse. Il se raconte toutes sortes d'anecdotes tout comme il y a des discussions profondes et autres rêveries à rebâtir le monde à la lueur des bougies qui se succèdent.

Un refuge, c’est bien plus qu’une cabane en bois sans eau ou électricité. Il y a les refuges avec vue qui donnent le goût d'y passer des heures sans bouger. Il y a ceux entourés d'oiseaux venus grignoter les miettes que les plein-aireux leurs ont laissées. Il y a les refuges qu’on a tout juste le temps de rejoindre avant la tempête et ceux qu’on croyait beaucoup plus près à première vue sur la carte…

Un refuge, c’est bien plus qu’une cabane en bois sans eau ni électricité. C’est vivant un refuge. Ça craque de partout quand on y met le pied. Ca sent bon, ça sent le vieux bois, ça respire l'expérience dans la pénombre, la planche qui en a vu passer d'autres.

Un refuge, c’est bien plus qu’une cabane en bois sans eau ni électricité. C'est un séchoir à ciel fermé de mitaines ou de bas détrempés. C'est une paterre à manteaux humides. C'est un coup de chaleur qui recrinque le système le temps d'un snack avant de continuer son chemin.

Un refuge, c’est bien plus qu’une cabane en bois sans eau ni électricité. Parce que tout le monde se rappelle la fois où il faisait moins mille à l'aube et que tous restait bien emmitouflé dans leur sleeping par peur de geler à sortir ne serait-ce qu'une orteil. Ou la fois où le vent grondait comme le tonnerre à l'extérieur à faire trembler la terre. Ou la fois où des mitaines ont brulées à sécher trop près du poêle ou encore le plastique de bout de bottes qui a craqué pour la même raison.

Il suffit de quelques planches de bois et d’un toit de tole pour se sentir bien au milieu de nul part, se sentir tranquille et à l'abri le temps d'un arrêt momentanné. Ce refuge qui nous reconnectent avec la nature, avec soi, avec les autres, avec le moment présent, le temps d'un instant de pur bonheur. Fidèle au poste, peu importe la température, l’heure ou l’humeur, on sait qu'il y sera.  C’est une douce étreinte quand la noirceur reprend le dessus, un sanctuaire de repos quand l'énergie n'est plus tellement au rendez-vous. Et c’est justement parce qu’ils sont aussi rustiques et dépouillés que ce qu’on y vit est si précieux...longue vie aux refuges!

Aucun commentaire: